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ROMANS et NOTICES DESCRIPTIVES (remerciements à Anne Marie Cojez)
- Les Amants - M Levy - 1859
La fable
Les Amants
Un jeune homme, Maurice Bertauld, faible de caractère, comme le fut son père, _et parce qu'il est excessivement choyé par sa mère _, tombe amoureux d'une dangereuse amante, Marguerite, pour laquelle il abandonne une carrière prometteuse de compositeur. Celle-ci l'entraîne vers des plaisirs troubles pour finalement le trahir en épousant à son insu, un homme riche. Martel, un peintre de ses amis, le sauve du suicide et l'emmène en Bretagne où Maurice fait la connaissance d'une jeune fille fille innocente et tendre, Armande, jadis exploitée par son père, qu'a recueillie le grand-père Michon dont elle éclaire les vieux jours. Le mariage de Maurice et Armande a lieu. Le soir des noces, se suicide Audren, un jeune homme secrètement amoureux d'Armande.
L'argument
Une étude de caractère : la veulerie ; les parts qu'y prennent l'hérédité et l'éducation
La dénonciation des lois sur la famille : divorce, droits du mari, droits de paternité.
Le cadre géographique
Paris, la Bretagne, Londres
- Les Amours de Jacques - M Levy - 1861
Dans la première partie, souvenirs autobiographiques de Malot: lycée Corneille à Rouen
- Les Epoux - M Levy - 1865
Maurice et Armande, mariés, s'installent à Paris. Mais l'idylle ne dure guère : Maurice succombe bientôt à ses goûts pour les femmes et l'alcool. Après des années de douleur, Armande fuit avec Victorine, sa fille, le domicile conjugal. Maurice disparaît en Italie. Martel, l'ami de toujours, secrètement amoureux d'Armande la retrouve et lui propose de partager sa vie.
- Les Enfants - M Levy - 1866
Le couple Martel/Armande est installé à la campagne, où le peintre qui a maintenant atteint la plénitude de son art, est à la tête d'une exploitation agricole modèle. Un petit garçon est né Julien. Cependant le malheur s'introduit dans la famille, d'abord sous les traits de Mme Pigache, une cousine pauvre et envieuse, qui révèle bientôt à la petite Victorine la véritable identité de son père, puis sous les traits du père lui-même, Maurice Bertauld qui se dévoile en cachette à l'enfant. Intéressé par l'héritage que lui a légué le grand-père Michon, il fait bientôt valoir ses droits sur la fillette, et par jalousie, sur le petit Julien dont il est, devant la loi, le père : aucun divorce entre lui et Armande n'a été prononcé ; Armande et Martel se sont mariés en Italie. Bertauld l'emporte dans le procès. Martel le provoque en duel et y laisse la vie. Julien est emmené par Maurice Bertauld qui l'exploite en le faisant travailler au théâtre. L'enfant ne retrouvera sa mère qu'à la mort de ce dernier, consécutive à une crise de delirium tremens.
- Romain Kalbris - Hetzel - 1869
La fable
Le père du jeune Romain disparaît en mer, au cours du sauvetage d'un navire en perdition. La mère, peu fortunée, confie Romain aux bons soins d'un oncle, avoué. Ce dernier exploite l'enfant, le faisant beaucoup travailler pour une bien chiche nourriture. Romain s'enfuit, désireux de gagner la côte pour s'embarquer comme mousse et peut-être faire fortune. En chemin, il rencontre Diélette, une fillette, enlevée par des saltimbanques qui utilisent ses talents dans un spectacle de dressage. Les deux enfants s'enfuient et gagnent Paris pour tenter de retrouver la mère de Diélette. La jeune fille, épuisée, tombe malade, elle est hospitalisée. Pendant ce temps Romain apprend la mort de la mère de Diélette. Il ramène alors son amie à sa propre mère et embarque, comme passager clandestin, sur un navire dont il espère devenir mousse. Une tempête met en perdition le bateau dont Romain parvient à ramener l'épave à la côte. Le jeune garçon est sauvé. On apprend que l'oncle maternel, qui a fait fortune en Inde, vient de mourir, laissant ses biens à son neveu. Romain épouse Diélette. Il peut maintenant subvenir aux besoins de sa mère.
L'argument
Par ce roman, H.Malot manifeste sa volonté de s'inscrire en faux contre la littérature qu'on destine alors aux enfants, celle de la librairie Mame en particulier. Il se propose de distraire les enfants. Romain Kalbris est un récit d'aventures. C'est aussi un livre consacré à la mère .
Le cadre géographique
La Normandie, Paris
Dans Le Roman de mes Romans, H.Malot explicite ainsi son dessein :
"C'est miracle, que les livres qu'on me donnait dans mon enfance ne m'aient à jamais dégoûté de la lecture: édités par Mame, avec l'approbation de Mgr l'Archevêque de Tours, comme presque tous ceux qu'on publiait à cette époque "à l'usage de la jeunesse", ces livres qui respiraient le plus profond ennui ne m'ont appris qu'à bâiller, et je les regardais à peu près du même œil que le verre taillé dans lequel, trois fois par an, on me faisait avaler, mon père par force, ma mère par persuasion, la médecine noire qui elle aussi était de mode alors.
Heureusement dans un grenier, jetés en tas, se trouvaient dix ou douze vieux bouquins que leur misérable couverture usée avait fait reléguer là: le Roland Furieux de l'Arioste, le Gil Blas de Lesage; un Molière complet; un tome de Racine; et ceux-là, un jour que j'en avais ouvert un au hasard, m'ont empêché de croire que tous les livres étaient des médecines; combien d'heures ils m'ont fait passer sous l'ardoise surchauffée ou glacée, charmé, ravi, l'esprit éveillé, l'imagination allumée par une étincelle qui ne s'est pas éteinte.
Sans eux, aurais-je jamais fait des romans ? Je n'en sais rien. Mais ce que je sais bien, c'est qu'il m'ont donné l'envie d'en écrire pour ceux qui pouvaient souffrir, comme je l'avais souffert, moi-même le supplice des livres ennuyeux.
Dans Romain Kalbris, en souvenir d'un passé qui m'a laissé des rancunes vivaces, j'ai cherché à amuser ceux qu'on ennuyait, j'ai voulu leur donner le goût de la lecture et aiguiser leur curiosité au lieu de l'émousser ; j'ai voulu aussi provoquer leur intérêt, émouvoir leur cœur les attirer, les retenir, les amener à demander aux livres leurs joies ou leurs consolations.
Dans le nombre de mes romans, quatre ont été inspirés par cette idée : le premier est Romain Kalbris, le second Sans Famille, le troisième La Petite Soeur, le quatrième En Famille.
Ai-je réussi ? Il ne m'appartient pas de le dire. Ce sont les lecteurs de Romain Kalbris ; ceux de Sans Famille, d'En Famille, de La Petite Soeur qui ont bien voulu faire cette réponse.
Mais en même temps, j'ai voulu mettre en scène une idée sous l'obsession de laquelle je suis resté pendant plusieurs années.
J'avais perdu ma mère et je me disais qu'on était fou de s'éloigner de ceux qu'on aime en prenant pour prétexte les nécessités de la vie qui, en réalité ne sont pas si impérieuses que l'imagine l'égoïsme. Qui sait si au retour on les retrouvera vivants ? Quand on les aura perdus, combien ne regrettera-t-on pas de n'être point resté près d'eux autant qu'on l'aurait pu ?
De là est né Romain Kalbris mais sa mise en oeuvre n'a rien enlevé à l'amertume des regrets qui l'ont inspiré."
(Le Roman de mes Romans, p24, 25)
- Un Beau Frère - Hetzel - 1869
La fable
Un jeune noble est dépossédé et mis dans un asile d'aliénés par son beau-frère pour éviter que son fils naturel n'hérite de ses biens. Grâce aux soins d'un ami dévoué, il sort de l'asile mais devient fou et se suicide, en tentant d'entraîner son enfant dans la mort. L'enfant est sauvé mais la mère ne peut toucher l'héritage et vit dans la pauvreté.
L'argument
Mise en cause de la loi de 1838 sur l'internement (de même dans Mère et Le Mari de Charlotte). Description du monde des courses, la petite noblesse de province.
Le cadre géographique
La Normandie.
- Madame Obernin - M Levy - 1870
La fable
Un jeune homme, d'Autrey, raconte à un destinataire fictif comment, encore jeune, et ne connaissant rien à l'amour, il avait fait choix de séduire une femme mariée, Mme Obernin. Il parvint à vaincre la résistance de la jeune femme. La catastrophe s'ensuivit : amour douloureux, rendez-vous à la sauvette, chagrin et mort du mari, d'un enfant en bas-âge : dix ans de vie malheureuse. La veuve, Mme Obernin se remaria, refusant d'épouser d'Autrey. Celui-ci épousa finalement une jeune créole à Cuba. Cornaton, le second mari de Mme Obernin, mourut, révélant à d'Autrey que son ancienne maîtresse avait pris goût à l'adultère.
L'argument
Dénonciation de l'adultère : il avilit l'homme et la femme, détruit la famille. Dénonciation de la corruption politique sous le Second Empire.
Le cadre géographique
L'Alsace et les Vosges ; les Antilles.
- Une Bonne Affaire - M Levy - 1870
La fable
Un homme est en proie, dans une auberge, à une attaque d'apoplexie. On fait venir son fils, qu'il n'a pas vu depuis l'enfance. Cet homme est Cerrulas, un savant qui a ruiné sa femme pour mener ses expériences. Celle-ci l'a quitté, emmenant son fils dont elle a fait un enseignant afin qu'il ne ressemble pas à son père. Père et fils décident de s'associer pour commercialiser un produit nouveau qui permettra de raffiner le sucre à moindres frais. Tous deux montent à Paris où Cerrulas vit en compagnie de sa fille Abeille, née d'un concubinage. Le fils est rapidement mis en faillite par la lutte sans merci que lui livrent ses concurrents. Il épouse finalement Laure, fille d'un banquier ruiné après s'être associé à l'affaire. Le père meurt sans avoir terminé les travaux qu'il poursuivait sur la chaleur solaire. Finalement un vieil ami du père, professeur à Boston, propose au fils, Pascal, un poste de professeur. Il emmène avec lui Abeille, qui devient une célèbre pianiste, et Laure, qui met au monde un gros bébé.
L'argument
Dénonciation des milieux d'affaires peu scrupuleux, des failles de la loi en matière de brevets d'invention.
Le cadre géographique
Condé-le-Châtel ; Paris
- Souvenirs d'un Blessé ( Suzanne + Miss Clifton) - M Lévy - 1872
La fable
Un jeune noble d'Arondelle mène une vie facile. Il tombe amoureux de Suzanne, une coquette, pour laquelle il s'engage dans l'armée. Il vit alors la guerre de 1870 et la défaite de Sedan. Peu à peu s'éveille en lui un sentiment patriotique. D'abord partisan du Second Empire, il prend conscience des malheurs de la France. Il fait la connaissance d'une jeune Anglaise, Miss Clifton, engagée dans la Croix Rouge. Il l'épousera après avoir percé la véritable personnalité de Suzanne : celle-ci, en son absence, a épousé un noble fortuné.
L'argument
Description de l'état de la France en 1870 ; condamnation du Second Empire.
Le cadre géographique
La Normandie ; les environs de Paris.
- Un Curé de Province - M Levy - 1872
Un curé de province
La fable
Un curé de province, l'abbé Guillemittes décide de construire coûte que coûte une église neuve dans le village d'Hannebaut. Il y parvient presque. En filigrane se dessine un amour entre la jeune héritière du lieu, Melle Pinto-Soulas et le neveu du curé : Hubert.
L'argument
Peinture vivante des curés de province ; dénonciation de l'arrivisme de certains prêtres.
Le cadre géographique
La Normandie
Un Miracle
La fable
Pour terminer les travaux de son église, l'abbé Guillemittes voudrait solliciter la jeune héritière Melle Pinto-Soulas mais celle-ci a disparu à Paris. L'abbé charge son neveu de retrouver sa trace : elle est tombée sous le joug d'un mage qui l'a convertie au spiritisme pour profiter de son argent. L'abbé la ramène à Hannebault. Il fait croire au miracle de sa guérison grâce aux reliques dont le baron Friardel, pour se faire élire, a fait don à l'église achevée. Mais le véritable miracle, c'est l'amour : Melle Pinto-Soulas épouse le neveu de l'abbé et lui donne deux beaux enfants.
L'argument
Dénonciation du spiritisme et des pratiques superstitieuses chez certains membres du clergé ; dénonciation du trafic des fausses reliques et de l'utilisation de la foi à des fins politiques.
Le cadre géographique
La Normandie et Paris
- Un Miracle - M Levy - 1872
- Un Mariage sous le Second Empire + La Belle Madame Donis - M Levy - 1873
La fable
Un jeune noble, aux mœurs dissolues, Ste Austreberthe a décidé de se ranger et d'épouser un beau parti. On lui signale Melle Donis, fille d'un riche négociant de Bordeaux. Il prend le train pour la Gironde et demande au préfet, M.de Cheylus, de l'appuyer auprès de M.Donis. Cependant Melle Marthe Donis est amoureuse d'un jeune homme M.P.Heyrem. Tous les moyens sont bons alors à Ste Austreberthe pour mener à bien son projet: il fait chanter M.de Mériolles, l'amant de Mme Donis ; il s'attire les bonnes grâces de M.Donis.
L'argument
Discours sur le mariage ; dénonciation de la corruption des préfets et de la noblesse dissolue.
Le cadre géographique
Paris et la Gironde
La Belle Madame Donis
La fable
M.Donis est prêt à accepter le mariage de Ste Austreberthe et de sa fille Marthe. Mais celle-ci, fidèle à son amour pour P.Heyrem, fuit la maison paternelle et se réfugie chez son grand-père, M.Azimbert. Mme Donis, poussée par Ste Austreberthe qui a découvert sa liaison avec M. de Mériolles, se suicide. Ce dernier provoque l'intrigant en duel. Il meurt dans le combat. M.Donis, éclairé, autorise le mariage de sa fille Marthe et de P.Heyrem. Il devient le grand-père de trois enfants.
L'argument
Dénonciation de la corruption des préfets du Second Empire ; propos sur le mariage : H.Malot revendique le droit à l'amour pour la femme dans le mariage (Marthe), et non en dehors du mariage (Mme Donis).
Cadre géographique
Bordeaux et la Gironde ; les Landes ; Paris
- Clothilde Martory - M Levy - 1873
La fable
Un jeune noble, de St Nérée, rentre en France après la campagne d'Algérie. Séduit par la beauté de Clotilde, rencontrée par hasard, il a pour projet de l'épouser. Cependant il doit se rendre à Paris, au chevet de son père mourant. Il arrive dans la capitale au moment du coup d'état et vit les événements dans toute leur acuité. Malgré sa réprobation du nouveau régime, il part en mission pour acquérir quelque gloire avant d'épouser celle qu'il aime. Mais pendant ce temps, elle en épouse un autre : Solignac, partisan de l'Empire. St Nérée devient alors son amant ; ensemble ils ont un enfant. A la mort de Solignac, il croit épouser Clotilde, mais elle l'envoie au Mexique afin qu'il y fasse fortune et, pendant son absence, en épouse un autre.
L'argument
Critique du coup d'état et du régime de Napoléon III. Dénonciation des passions qu'un tel régime débride : ambition et cupidité. Mise en valeur de sa capacité à détruire les liens d'affection et d'amour.
Le cadre géographique
Essentiellement Paris
- Le Mariage de Juliette + Une Belle Mère - M Levy - 1874
La fable
Une belle-mère possessive, Madame Daliphare, étouffe sa belle-fille, Juliette, accapare son mari et son enfant. Quand le couple est brisé, elle s'ingénie à faire prendre en adultère la jeune femme, afin de conserver pour elle seule, les deux êtres qu'elle s'est appropriés. Dès lors survient le drame : l'époux, Adolphe, tue Juliette et son amant. Acquitté, il se sépare à jamais de sa mère, emmenant avec lui son fils Félix.
L'argument
Etude de caractère, celui de la mère possessive, comme dans Mère. Considérations sur l'amour, le mariage, la famille. Le mariage apparaît comme un carcan dans lequel on peut étouffer. L'adultère apparaît acceptable lorsque l'amour dans le mariage est impossible.
Dans ce roman, même les personnages secondaires sont soigneusement élaborés, l'exemple en est du vieux beau M. Decloizeaux dont le portrait ne manque pas de vérité.
Le cadre géographique
Bordeaux
- Le Mari de Charlotte - M Levy - 1874
La fable
Charlotte doit, depuis toujours, épouser Georges, son cousin ; mais sa mère, instigatrice du mariage, meurt, et le père, M.de La Héraudière, juge Georges incapable de rendre sa fille heureuse étant donné son tempérament ambitieux. Il lui choisit pour mari Emmanuel Narbanton, un ami de Georges qu'il juge plus sage. Le père meurt. Le mariage est d'abord heureux, puis survient le drame : Georges, utilisant la loi de 1838, fait interner Emmanuel, séduit sa femme ; de leur union naît un enfant. La guerre de 1870 survient : Georges, compromis dans le régime impérial, doit s'enfuir ; Emmanuel meurt en héros pendant les combats.
L'argument
Mise en cause de la loi sur l'internement, comme dans Un Beau-Frère et Mère. Considérations sur l'amour et le mariage : une femme renonce-t-elle vraiment à son premier amour ? passion amoureuse et jalousie sont les ennemies du mariage.
Le cadre géographique
La Bretagne ; Paris, Versailles ; le plateau de la Côte-d'Or.
- La Fille de la Comédienne + L'Héritage d'Arthur - M Levy - 1875
La fable
Clémence Beaujonnier veut s'approprier l'héritage d'Arthur, propriétaire du château de Rudemont ; pour ce faire, elle enferme au couvent de Ste Rutilie, Denise, fille naturelle d'Arthur et héritière présumée. Elle lègue au couvent la part d'héritage qui revient à Denise, espérant pouvoir négocier ultérieurement. Louis Mérault, le neveu d'Arthur, amoureux de Denise, essaye d'écarter l'intrigante, mais en vain. Clémence Beaujonnier est finalement dupée: l'abbé Guillemites, doyen d'Hannebault, refuse de lui restituer le legs. Elle ne reste cependant pas longtemps dans la misère car elle épouse le général Poirier, avec l'espoir de se faire une place dans la société.
L'argument
Portrait d'une intrigante ; comment elle peut user des circonstances politiques et détruire la famille.
Le cadre géographique
Condé
- L'Auberge du Monde ( Le Colonel Chamberlain, La marquise de Luciellière, Ida et Carmélita + Thérèse) - Dentu - 1876
La fable
Le jeune colonel Chamberlain, richissime Américain découvre l'Ancien Monde et ses turpitudes : les roueries engendrées par l'arrivisme. Il est successivement victime du prince Mazzazoli et du baron Lazarus qui veulent lui faire épouser leur fille par intérêt. Il est victime de la marquise de Lucillière qui veut lui soutirer de l'argent, ainsi que d'Anatole, son cousin, qui cherche à le faire assassiner pour hériter de sa fortune. Il découvre finalement l'amour en la personne de sa cousine Thérèse pauvre, belle, tendre et probe.
L'argument
Dénonciation de l'arrivisme et du règne de l'argent.
Le cadre géographique
Essentiellement Paris ; accessoirement la Suisse.
- Les Batailles du Mariage ( Un Bon jeune Homme , Comte du Pape, Marié par les prêtres) - Dentu - 1877
La fable
Mme Prétavoine intrigue afin de marier son fils Aurélien, à une jeune noble : Bérengère de la Roche-Odon. La jeune fille est élevée par son grand-père réduit à rembourser les dettes de son fils, jadis marié à une femme du demi-monde, la Comtesse Sobolewska, qui l'a poussé à la ruine. Mme Prétavoine se débarrasse de la maîtresse d'Aurélien, enceinte, qui est sauvée du suicide par le capitaine Gardilane. Ce dernier aime Bérengère et est aimé d'elle. A la fin du roman, Mme Prétavoine renonce provisoirement au mariage projeté et part à Rome, avec son fils, pour tenter de le faire anoblir par le pape.
L'argument
Etude de caractère : la mère possessive et intrigante.
Le cadre géographique
à vérifier
- Cara - Dentu - 1878
- Sans Famille - Dentu - 1878
La fable
Le jeune Rémi est arraché à sa mère adoptive, Mère Barberin par un accident qui empêche désormais Père Barberin, maçon creusois de gagner sa vie. L'enfant est loué à un montreur d'animaux savants, Vitalis, qui l'emmène sur les routes de France. En sa compagnie, il acquiert, résistance physique, connaissances et sens des responsabilités.
Cependant, le relatif équilibre ne dure pas. La petite troupe est décimée. Vitalis meurt à Paris. Rémi est recueilli par la famille Acquin, dont le père,veuf, est un humble jardinier. Ce dernier se voit bientôt ruiné par une averse de grêle qui détruit sa production. Il est emprisonné pour dettes. Les enfants sont dispersés auprès des membres de la famille élargie.
Rémi, à nouveau seul, promet au père Acquin de servir de lien entre les enfants. Il portera les nouvelles de l'un à l'autre de façon à ce que la famille demeure soudée. Ses premiers pas l'emmènent vers Alexis, recueilli par son oncle, mineur. En chemin il retrouve Mattia, un jeune garçon dont il a fait la connaissance lors de son passage chez Garofoli, un cruel padrone. Les deux amis décident de s'associer et cheminent, devenus chanteurs ambulants.
Dans les Cévennes, Rémi, devenu rouleur, est victime d'une inondation dans la mine. Après plusieurs jours de souffrance, il est sauvé grâce à l'obstination de l'ingénieur qui propose de le recueillir. Rémi décline l'offre: il préfère poursuivre sa route, afin de tenir l'engagement pris auprès du père Acquin.
Revenu auprès de Mère Barberin, il apprend la richesse de ses origines. Il se rend à Londres où il espère percer le secret de sa naissance. Abusé par James Milligan, l'oncle paternel, qui, en fait, l'a fait enlever à la naissance pour s'emparer de sa fortune, il se croit le fils des Driscoll, une famille de voleurs en compagnie desquels, il participe à un cambriolage. Il est heureusement sauvé par un ami saltimbanque alerté par Mattia qui a découvert la supercherie.
Rémi retrouve finalement sa mère, Mme Milligan et son frère, qu'il avait rencontrés sur une péniche alors qu'il était seul, pendant l'emprisonnement de Vitalis, dans le sud de la France. Il s'installe avec eux dans le manoir de ses ancêtres et épouse Lise, la fille cadette du père Acquin. Il fait venir Mère Barberin et permet à Mattia de devenir le musicien talentueux qu'il promettait d'être.
L'argument
Roman à destination des enfants. Le romancier y mêle aventure et étude sociale.
Le cadre géographique
La France, l'Angleterre et la Suisse ( voir itinéraire détaillé dans le chapitre Sans Famille)
- Le Docteur Claude - Dentu - 1880
- La Bohême tapageuse (Raphaëlle, La Duchesse d'Arvernes, Corysandre) - Dentu - 1880
- Une Femme d'Argent - Dentu - 1881
- Pompon - Dentu - 1881
- Séduction - Dentu - 1881
- Les Millions Honteux - Dentu - 1882
- La Petite Soeur - Dentu - 1882
- Paulette - Dentu - 1883
- Les Besoigneux - Dentu - 1883
- Marichette - Dentu - 1884
La fable
Volume 1: Une jeune orpheline, Marichette, arrive chez son cousin Simon Bellocq, un rustre qui a fait fortune dans le commerce. Une concurrence s'est installée dans le village entre Simon et le jeune cousin Sylvain, plus probe. L'épouse de ce dernier, Célanie, tente de séduire Marichette afin d'entrer en rivalité avec Simon et bénéficier, dans la mesure du possible, de l'héritage de la jeune fille. Finalement, Simon est nommé tuteur de Marichette. Un soir, il la viole. Celle-ci s'enfuit et se réfugie chez Sylvain et son épouse.
Volume 2 : Marichette, persécutée par sa cousine Célanie qui a perdu tout espoir d'héritage, est placée par Sylvain chez une lingère qui l'accueille comme une mère. La jeune femme accouche d'un garçon, Pierre, qu'elle éduque de façon exemplaire et qui devient brillant élève. C'est alors que son père naturel, Simon Bellocq, le réclame auprès de lui : il veut en faire son héritier. Marichette refuse. L'enfant lui est enlevé avec la complicité de la loi. Simon Bellocq meurt finalement. Paulin, un jeune commis, jadis amoureux de Marichette revient au pays...
L'argument
Etude sociale : le sort de la fille violée et fille-mère : le déshonneur ; la condition difficile du bâtard.
Dénonciation de la loi qui confère au père la seule autorité
Le cadre géographique
La Normandie
- Micheline - G Charpentier - 1884
Le jeune prince Sobolewski, Polonais sans fortune, a épousé la riche veuve Beaumoussel, à la recherche d'un nom. Mais lors d'un séjour à Cauterets, le jeune homme amoureux d'une jeune femme, Germaine Harouis, dont le mari, ingénieur, est demeuré au Chili. De ces amours clandestines naît une fille Micheline. Alors que l'enfant est âgée de deux mois, monsieur Harouis rappelle auprès de lui son épouse. Celle-ci ne pouvant le rejoindre avec l'enfant, il est décidé que le prince se chargera d'elle. Un abandon est donc simulé, dans les bois du château. L'enfant est recueillie par le prince et la princesse qui la mettent en nourrice chez la femme du garde. Un an après, le prince meurt des suites d'une chute de cheval. Son épouse devient la tutrice de l'enfant à laquelle elle s'attache comme une mère.
Dix ans plus tard, après le décès de son mari, Germaine Harouis rentre en France. Elle parvient à se faire engager comme institutrice et peut ainsi, avec toute l'affection d'une mère, s'attacher à l'éducation de sa fille, enfin retrouvée. Elle œuvre en silence au bonheur de son enfant, écartant un mariage malheureux que la tutrice de Micheline avait programmé. La jeune fille reconnaît finalement en l'institutrice la mère qui lui manquait tant.
L'argument
La douleur de l'abandon tant pour l'enfant que pour la mère ; la force du sentiment maternel
Le cadre géographique
La Normandie, les environs de Trouville, Paris
- Le Sang Bleu - G Charpentier - 1885
- Le Lieutenant Bonnet - G Charpentier - 1885
La fable
Deux jeunes lieutenants, le lieutenant Bonnet et le lieutenant Derodes, nouvellement arrivés en garnison à La Feuillade, fréquentent le salon de madame de Bosmoreau, une veuve dont les deux filles Julienne et Agnès sont en âge d'être mariées.
Julienne est l'aînée. Elle est l'héritière d'une belle fortune laissée par son père. Agnès est la cadette, née du remariage de sa mère. Elle est désargentée.
Agnès s'est mis en tête d'épouser le lieutenant Derodes, fringant jeune homme dont le père est à la tête d'un empire industriel. Sa sœur, après lui avoir prodigué des conseils de prudence, l'aide dans son entreprise. Derodes, cynique, séduit bientôt Agnès, qui, entre temps, s'est laissée prendre au jeu des sentiments.
Parallèlement naît un amour réciproque entre Julienne et le lieutenant Bonnet. Celui-ci, trop pauvre, n'ose se déclarer. Julienne lui laisse entendre que la fortune n'est rien.
Agnès est enceinte. Bonnet, sincèrement ulcéré, provoque Derodes en duel et le blesse. Agnès meurt après avoir mis au monde un garçon chétif qui sera le fils aîné de Julienne et Bonnet.
L'argument
Etude de la vie de garnison après la guerre de 1870. Danger du jeu de la séduction.
Le cadre géographique
Périgueux et ses alentours
- Baccara - G Charpentier - 1886
M. Adeline, un industriel du textile au bord de la faillite, devient contre cinq mille francs qui lui sont prêtés par les fondateurs, le président d'un cercle de jeu parisien : Le Grand I. Bien sûr, il ne sert dans l'opération que de couverture tandis que les dirigeants véritables : Raphaëlle et l'un de ses amants, le Comte de Mussidan, ont orchestré un système de tricherie chargé de les enrichir. Alerté par un client, Adeline découvre la supercherie et tente de démasquer les coupables. Malheureusement pour lui, il s'est pris à la griserie du jeu et dans une dernière partie au cours de laquelle il gagne ce qui lui aurait permis de conclure le mariage de sa fille Berthe et de Michel Eck, fils d'un industriel juif émigré d'Alsace, il se fait piéger. Il emporte la partie grâce à une séquence, combinaison de chiffres, mise en place par le banquier. Attaqué par la presse, il ne résiste pas au scandale et se suicide.
Un honnête homme est pris au piège du jeu et des demi-mondains. Il est broyé par un milieu dont il ne connaît pas les roueries.
Deux jeunes gens dont l'une est catholique et l'autre juif sont amoureux l'un de l'autre. Les préventions religieuses sont dépassées par les deux grands-mères qui acceptant finalement le mariage.
Le sentiment national est aussi fort chez les Juifs que chez les Catholiques : M. Eck a préféré abandonner sa fabrique alsacienne pour venir s'installer en Normandie plutôt que de devenir Allemand après la défaite de 70.
La Normandie : Elbeuf et ses environs
Paris
- Zyte - G Charpentier - 1886
- Vices Français - G Charpentier - 1887
- Ghislaine - G Charpentier - 1887
- Conscience - G Charpentier - 1888
La fable
Un jeune médecin, pour échapper à ses dettes, tue un vieil usurier atteint de diabète, condamné de toute façon par la maladie. Par erreur, c'est le frère de celle qu'il aime, qui est accusé et condamné aux travaux forcés. Cependant une vieille infirme l'a reconnu. Pour l'empêcher de témoigner, il l'assassine à son tour. Sa conscience le torture mais il parvient à la faire taire pour parvenir au rang social qu'il s'était fixé.
L'argument
Etude du remords ; le thème rejoint celui de Crimes et Châtiments de Dostoviesky .
Le cadre
Paris
- Mondaine - G Charpentier - 1888
- Justice - G Charpentier - 1889
- Mère - G Charpentier - 1890
La fable
Madame Combarrieu, habitée d'une passion maternelle dévorante, a gâté l'éducation de son fils et les relations de celui-ci avec son père. Le jeune homme, n'hésite pas à voler ce dernier pour se soustraire à des dettes contractées au jeu. Celui-ci, excédé, tire sur son fils, un soir de confrontation violente. Le jeune homme tente dès lors de faire croire à la folie paternelle afin de disposer en toute tranquillité de la fortune familiale. M. Combarrieu est finalement sauvé par sa nièce qui éprouve pour lui une affection réelle. La mère et le fils partent pour l'Amérique.
L'argument
Le thème de la maternité dévorante.
Dénonciation de la loi sur l'internement (comme dans Un Beau-Frère et Le Mari de Charlotte)
Le cadre géographique
- Anie - G Charpentier - 1891
- Complices - Flammarion - 1893
La fable
L'épouse du notaire Courteheuse, négligée par son époux, entretient une relation amoureuse avec le clerc de l'étude, M. La Vaupalière. Les rendez-vous nocturnes des amants sont bientôt mis en péril par la décision de Courteheuse de faire installer une alarme afin de prévenir toute incursion : des empreintes de pas ont été relevées dans le jardin. Hortense, l'épouse, songe rapidement à administrer à son mari un puissant somnifère. Puis l'idée germe dans son esprit de se débarrasser de lui. De connivence, les amants empoisonnent le notaire. Un an après son décès, ils peuvent s'épouser. La passion s'émousse bien vite. Tandis que chacun d'eux se tourne vers d'autres amours, les soupçons du pharmacien Turlure sont réveillés par un mal mystérieux dont est saisie une des domestiques et par les accusations mutuelles d'empoisonnement que celle-ci dit avoir entendu prononcer par les époux. M. et Mme La Vaupalière sont arrêtés pour meurtre. Par une plaidoirie habile l'épouse est bientôt acquittée et peut se tourner vers son nouvel amant Médéric Artaut alors que M. La vaupalière est condamné à vingt ans de travaux forcés.
L'argument
La duplicité d'une femme qui ne connaît pour loi que sa passion
Le cadre géographique
Oissel, commune de Normandie, à proximité de Rouen
- En Famille - Flammarion - 1893
La fable
Une fillettte, Perrine arrive en France pour conquérir le grand-père Vulfran Paindavoine, qu'elle n'a jamais vu. Le vieil homme est un riche industriel qui a fait fortune dans l'industrie textile. Il s'est jadis fâché avec son fils, le père de Perrine, parce que celui-ci avait épousé, contre son gré, une jeune Indienne. Le fils de V. Paindavoine est mort dans la misère, son épouse meurt à son arrivée à Paris. Elle a donné pour mission à Perrine de rejoindre son grand-père et de se faire aimer de lui, de gagner la place qui est sienne.
Après mainte épreuve la fillette parvient au but que lui a fixé sa mère, sans se faire connaître, par le biais de ses propres mérites. Grand-père et petite-fille, enfin réunis, font le bien autour d'eux, instituant, sous l'impulsion de la fillette, un paternalisme éclairé.
L'argument
Etude de caractère : la volonté
Etude sociale : les difficiles conditions de vie des ouvriers du textile ; le paternalisme comme réponse possible à la question sociale ; le caractère irremplaçable de la cellule familiale pour le bonheur de l'individu et l'équilibre de la société.
Le cadre géographique
Paris, la Picardie
- Amours de Jeunes - Flammarion - 1894
- Amours de Vieux - Flammarion - 1894
ROMAN POSTHUME
- Le Mousse, Le Rocher - 1997
NOUVELLES
- Mariage Riche - Marpon et Flamarion - 1889
- Un Nom , dans En Pique Nique - A Colin - 1895
ETUDES
- La Vie moderne en Angleterre - M Levy - 1862
- Le Roman de mes Romans - Flammarion - 1896
ADAPTATIONS POUR LE THEATRE
- Un Beau-Frère, pièce en 5 actes de A Belot - Dentu - 1874
- La Belle Madame Donis - pièce en 4 actes de E Godinet - Calman Levy - 1878
- Sans Famille - comédie en 4 actes de C Clerc - Hachette 1933
ROMANS DE MARTHE OUDINOT DE LA FAVERIE, seconde épouse de Hector Malot
- Folie d'Amour - Charpentier - 1888
- Le Prince
- La Beauté
- L'amour dominateur
- Sa Fille - Flammarion
- Eve de France - Flammarion
- Coeurs d'Amoureuses
(à compléter)
OEUVRES EN LIGNE
- le site http://gallica.bnf.fr met en ligne plus de cinquante romans de Malot
- www.ebooksgratuits.com
on y trouve de nombreux romans de Malot qui ne sont plus édités, dont "En Famille"
NOUVEAU - SEPTEMBRE 2005
Un nouveau site vient d'être mis en ligne. Il s'agit d'une randonnée littéraire sur les pas de Perrine, héroïne du roman En Famille. Il a été réalisé par Anne Marie Cojez, qui nous promène de Paris à Flixecourt (Somme) avec Perrine, avec des références au roman et à l'histoire des lieux traversés.+++
http://home.nordnet.fr/~acojez/